vendredi 13 janvier 2012

Melancholia


Le jour le plus triste de ma vie, celui où ma maman est morte. La perte, le vide. Je me souviendrai toujours du froid, dehors et dans la chambre quand j'ai ouvert la fenêtre parce que je suffoquais, le vent glacé est entré, je n'ai pas voulu croire que c'était ce vent, mais je le savais, je le sentais. La tempête au loin avait couvert le ciel d'une blancheur lactée, non, d'un linceul. J'étais avec vous Maman et je sentais que vous m'abandonniez. Qu'allais-je devenir sans vous ? "Mon petit garçon", les derniers mots que vous avez prononcés pour moi. J'ai voulu vous garder alors j'ai mordu votre avant-bras encore chaud. Maman, maman que suis-je devenu sans vous ? Il me semble avoir erré longtemps. Je n'ai plus eu de repères, je n'ai plus eu confiance en moi depuis ce jour où vous êtes partie. Ce froid intense quand j'ai ouvert la fenêtre, qui m'a pénétré. J'ai frissonné, je me souviens de ce frisson qui a parcouru mon échine. Je me suis senti subitement happé par le gouffre que cette fenêtre béante avait ouvert devant moi. J'ai vacillé. Moi debout, assis, vous étendue, les yeux fermés, si frêle, si faible, si calme, juste cette respiration qui était un combat de chaque instant, une victoire sans cesse répétée jusqu'à la reddition. Pourquoi ? Pourquoi vous ? Non, pas vous, pas ma maman. PAS MA MAMAN !

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