mardi 1 novembre 2011

Ecrire dit-il

Je viens d'écrire un texte après plus de six mois d'abstinence et cela vient de me faire un bien fou. Il faut que j'écrive plus souvent. Ou peut-être cette rareté est-elle la cause de mon bonheur ?

Drôle de week-end

Nous sommes le 1er novembre. Un mardi. Pas vraiment la fin d'un week-end puisque j'ai travaillé hier. Mais c'est la sensation que j'ai. Il me semble avoir perdu pied avec la réalité et le temps. Samedi soir, concert de LFO à la Villette avec une installation impressionnante, la Boom box de 1024 une sorte de gigantesque ghetto blaster au milieu duquel dans une petite lucarne officient les dj's. LFO dont je suis un fan invétéré, je ne pouvais en faire l'impasse même si le live est programmé à 2h30. Je retrouve mes amis Maxence, Jean-Yves et Linette au Boeuf couronné. Je m'y laisse tenter par une terrine à volonté accompagné d'un bordeaux. Je bois surement trop mais je suis heureux de retrouver mes amis après des mois d'abstinence et de vie monacale. Nous rions, la conversation est graveleuse. Plus tard nous nous rendons à la Halle de la Villette, entrons avec des entrées VIP heureusement, errons à la recherche de l'espace VIP, pas d'open bar, des prix prohibitifs, je commence à me sentir vaseux. Puis franchement mal. Jackson mixe, c'est plutôt techno pas très groovy mais le son est excellent. De plus en plus de crampes au ventre. Je sens que je deviens livide et transpire à grosses gouttes. Je vais aux toilettes, mais m'y sens encore plus mal. Je sors puis croise deux infirmiers et demande à l'un d'eux s'il a un médicament. Il m'envoie vers une hypothétique infirmerie que je ne trouverai pas. Je m'adresse à un videur qui m'envoie de l'autre côté. On me dit d'attendre. Les mêmes infirmiers arrivent, ils me questionnent semblant manifestement suspecter que j'ai pris de la drogue. Interminable, tout cela pour rien puisqu'ils ne peuvent rien me donner. Insupportable ton de professionnel répétant les mêmes choses pour finalement me conseiller de rentrer chez moi. Je m'en vais sentant leurs regards réprobateurs dans mon dos. Je parviens à remonter dans l'espace VIP pour dire au revoir à Linette et fuir. Un taxi est heureusement là. Je m'y engouffre. Plus tard je m'agrippe avec le chauffeur qui passe par un chemin tarabiscoté. Je rentre en nage à la maison, prend des médicaments, vais aux toilettes et me couche exsangue.
Le lendemain nous emmenons les enfants au cirque Bouglione. Léon n'aime pas les clowns mais semble ravi des acrobates et des animaux. Pépilla est sage et patiente. Les pop corns resteront leurs meilleurs souvenirs avec les bâtons lumineux clignotants distribués (pas gratuitement !) aux enfants.
Le soir diner d'anniversaire de Linette au Bar à Thym dans le XVIIIème. Ambiance sympa des V.com jusqu'à une esclandre démesurée du bout de la table avec le patron sur la piètre qualité du quasi d'agneau. Mon saumon est lui plutôt bon et je sirote une bouteille entière de San Pellegrino. Je parle peu même si je suis heureux de retrouver mes vieux amis, Walter, Maxence, Jean-Yves. Je me sens quand même éloigné de tout et de tous. Nous parlons de Gabber, de Happy hardcore et d'italo-disco. Nous rentrons tard.
Le lundi je travaille et suis quasi seul au bureau. Je rêve de quitter ce job, je rêve de gagner de l'argent pour me libérer de ces chaînes mais je fais mon travail quand même.
Aujourd'hui donc j'emmène les loulous au cinéma mais il n'y a plus de places alors sur la demande insistante je leur offre des frites chez McDo et nous rentrons sous une pluie diluvienne. Je fais une sieste de trois heures. Puis nous jouons avec les boubous à l'intérieur. Gé n'a pas quitté son pyjama de la journée. Elle finit le soir par me reprocher mon inactivité. Sans conséquence.
Ma grande tante, Christiane de Miollis, est décédée à presque 100 ans ce jour. Papa est triste. Je vais essayer de l'emmener à l'enterrement samedi.

mercredi 16 mars 2011

Messiah ? Rather a mess !

J'ai plutôt détesté la mise en scène du Messie d'Haendel vu ce soir au Châtelet. D'un russe pas connu mais qui mériterait de l'être encore moins. Une débauche de technologie extrêmement fatigante pour les yeux quand l'écoute d'un oratorio devrait pousser à l'introspection et requérait dès lors une sérénité oculaire.
Surtout le Messie parle d'un mystère. Enfin "parle" façon de parler. Evoque, chante, fait sentir au plus profond de l'âme le mystère de la Passion.
Mais cette mise en scène avec pas moins de trois écrans superposés sur lesquels sont projetés des images, des mots et des figures est par trop démonstrative. Et ces robots grotesques qui déambulent inutilement sur scène. Le problème avec la technologie c'est qu'elle sert à faciliter la vie des gens, à leur épargner les efforts. Face au Messie, au contraire on devrait être nu. Seul face à Dieu, c'est à dire face à soi. Ces mots qui défilent en permanence comme si nous étions devant un panneau d'aéroport avec des caractères techniques et dans toutes les langues (pourquoi faire d'ailleurs ?), ces effets de lumière dégoulinant de vulgarité, nous ramènent toujours à la vie, la vie concrète, la vie moderne, actuelle, technologique, archiconnue et reconnue alors qu'en écoutant le Messie on devrait être mort puis ressuscité, puis dans la lumière du Christ qu'on n'imagine pas faite de stroboscopes de discothèque mais plutôt blanche et douce comme un premier rayon du matin au travers d'un voile de mousseline.
Il semble être bien loin de cela ce metteur en scène russe. Il doit avoir un smartphone dans lequel il gueule "ALLLA" en se grattant les couilles au volant de sa Porsche Cayenne, mâchant du chewing gum et mâtant les biatches moscovites en minishort dandiner du cul dans la rue en faisant tourner leur fausse pochette Vuitton.

vendredi 21 janvier 2011

L'âme russe

Oncle Vania en russe à la MC93 de Bobigny. Un froid polaire dès qu'on passe le périphérique. Les grands ensembles, les rues vides tracées au cordeau, un centre commercial comme un grand cargo échoué.
Je suis touché par la mélancolie des personnages. Les personnages sont seuls, la vodka leur donne le sentiment d'être ensemble mais ils sont seuls.
Nous buvons des bières et un mauvais vin, mangeons du Vatrouchka, un cheesecake russe au milieu d'un public essentiellement composé de personnels de l'ambassade de Russie apparemment. Je suis avec ma femme. Je crois avoir l’illusion de l’aimer mais ne lui dis pas, n'ose pas le lui dire.

dimanche 9 janvier 2011

L'heure des brumes




Il est au moins une heure pour ne pas écrire.
Les brumes matinales ne s'y prêtent guère. La perspective d'avoir l'obligation de mettre en mouvement son corps, de dépenser son énergie, de brûler des calories semble obérer toute imagination créatrice.
Le soir et surtout la nuit permettent en revanche d'expulser de soi, dans un dernier effort avant le repos complet du corps et de l'esprit, les idées et les songes transcrits par les mots.
Bref, vous l'aurez compris, nous sommes le matin, je n'écrirai donc pas !

vendredi 7 janvier 2011

Suis-je encore moi ?

J'ai relu certains écrits sur ce blog, des mails reçus il y a trois ans. Ce sentiment que j'étais autre. Tout autre. Aujourd'hui je suis papa, deux petits enfants, ma vie est là. Assez simple. Je pense souvent à la vieillesse, enfin à l'âge qui avance, aux années qui passent. Il me semble que je me cherche encore. Suis-je plus mûr qu'hier ? Cela n'est pas certain.
J'aime toujours tant de choses que j'aimais hier mais avec moins de concentration et d'assiduité. Je suis moins insouciant pourtant.
Parfois, l'écoute d'un morceau de musique me replonge dans l'état d'esprit qui était le mien il y a quatre, cinq voire dix années.
J'ai 40 ans, ma femme va les avoir à la fin du mois. Il y a 20 ans je quittais bientôt mes parents pour vivre par moi-même. Il y a 10 ans je vendais mon appartement. Il y a 6 ans ma maman nous quittait pour toujours. Mon fils Léon a bientôt 3 ans et ma fille Daphné a 14 mois. Mon père aura 80 ans cette année.
Aujourd'hui je me sens mélancolique. Je pense à mille choses de mon passé. Je ne suis pas un homme à part. Je suis moyen. Je ne contribue pas outre mesure à l'Histoire du monde. Je vis. Je n'ai pas assez de talent, pas assez de courage, pas assez d'originalité pour me distinguer des autres. Parfois, je m'en veux de ne pas mieux faire. Mais je crois qu'il faut que j'admette, hélas, que cela est au dessus de mes forces.

Je recommande en ce moment Model 500 "OFI". Un chef d'oeuvre d'electro de Detroit !