J'ai plutôt détesté la mise en scène du Messie d'Haendel vu ce soir au Châtelet. D'un russe pas connu mais qui mériterait de l'être encore moins. Une débauche de technologie extrêmement fatigante pour les yeux quand l'écoute d'un oratorio devrait pousser à l'introspection et requérait dès lors une sérénité oculaire.
Surtout le Messie parle d'un mystère. Enfin "parle" façon de parler. Evoque, chante, fait sentir au plus profond de l'âme le mystère de la Passion.
Mais cette mise en scène avec pas moins de trois écrans superposés sur lesquels sont projetés des images, des mots et des figures est par trop démonstrative. Et ces robots grotesques qui déambulent inutilement sur scène. Le problème avec la technologie c'est qu'elle sert à faciliter la vie des gens, à leur épargner les efforts. Face au Messie, au contraire on devrait être nu. Seul face à Dieu, c'est à dire face à soi. Ces mots qui défilent en permanence comme si nous étions devant un panneau d'aéroport avec des caractères techniques et dans toutes les langues (pourquoi faire d'ailleurs ?), ces effets de lumière dégoulinant de vulgarité, nous ramènent toujours à la vie, la vie concrète, la vie moderne, actuelle, technologique, archiconnue et reconnue alors qu'en écoutant le Messie on devrait être mort puis ressuscité, puis dans la lumière du Christ qu'on n'imagine pas faite de stroboscopes de discothèque mais plutôt blanche et douce comme un premier rayon du matin au travers d'un voile de mousseline.
Il semble être bien loin de cela ce metteur en scène russe. Il doit avoir un smartphone dans lequel il gueule "ALLLA" en se grattant les couilles au volant de sa Porsche Cayenne, mâchant du chewing gum et mâtant les biatches moscovites en minishort dandiner du cul dans la rue en faisant tourner leur fausse pochette Vuitton.
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